1. UN COLLABORATEUR EMPATHIQUE ET « RADAR »

La dimension humaine de l’action sociale étant réaffirmée, l’empathie et la bienveillance sont les premières compétences attendues.

Cette capacité à écouter son interlocuteur, client ou ressortissant, s’avère être un véritable atout en matière de communication interpersonnelle, d’identification et d’analyse des besoins – parfois induits par une demande ponctuelle, de conseil et d’orientation.
Pour le chargé d’intervention sociale, il s’agit par exemple lors d’un entretien, d’identifier un problème de fond qui mériterait une prise en charge sur le plus long terme, éventuellement auprès de partenaires plus spécialisés ou qui offrent un service complémentaire.

Avec la digitalisation des services, l’exploitation et l’analyse des données recueillies pourraient améliorer et enrichir ce diagnostic. Les métiers de la data viendraient ainsi enrichir les équipes de l’action sociale.

En ce qui concerne le chargé de développement social, il s’agit d’identifier les clients cibles de l’action sociale et de détecter leurs besoins, de « sourcer » les projets, en collaboration de plus en plus étroite avec les équipes des autres directions, et d’abord avec le commercial.

2. UN COLLABORATEUR « connecté »

Connecté à un environnement de travail élargi : la nécessité de renforcer un socle de connaissance, d’adapter ses façons de travailler et d’adopter un langage commun

L’ouverture de l’action sociale la rendrait plus poreuse aux nouveaux modes de travail. D’après notre enquête , près de la moitié des répondants estiment que leur façon de travailler a déjà drastiquement évolué, ils sont plus de deux tiers à estimer que cette évolution sera plus intense dans les années à venir.
Aujourd’hui

%

des répondants estiment que leur façon de travailler ont déjà drastiquement évolué ces dernières années
Demain

%

des répondants estiment que leur façon de travailler vont drastiquement évoluer dans les prochaines années

points de +

L’évolution des modes de travail semble être perçue comme allant s’intensifier et s’accélérer dans les prochaines années

Travailler davantage en réseau et en transversalité

En interne, c’est la nouvelle synergie avec le commercial et la gestion qui feraient le plus évoluer les modes de travail. Cette façon de fonctionner de manière transverse est d’autant plus nécessaire que les sujets de l’action sociale et les sujets opérationnels des GPS sont aujourd’hui imbriqués et raccrochés à un parcours client commun. Le collaborateur de l’action sociale pourrait ainsi évoluer au sein d’équipes davantage pluridisciplinaires et pluri-professionnelles.

En externe, ce sont avec les associations, les fondations et les collectivités territoriales que les collaborateurs de l’action sociale estiment avoir le plus de contacts professionnels : un travail en réseau pour co-construire des solutions avec les acteurs locaux et coordonner leur mise en place sur le territoire.

L’ouverture du collaborateur à ces différents champs professionnels devrait favoriser une certaine compréhension des différentes parties prenantes mobilisées dans l’action d’accompagnement global du client et le développement de services.

À l’Ircem, nous aimerions justement que les collaborateurs aient une connaissance suffisante du secteur et du domaine social pour permettre de réorienter l’allocataire ou le client (quelle que soit la terminologie qui varie d’un groupe à un autre), dès lors qu’ils ne peuvent apporter une réponse positive à une sollicitation.

Élodie POUTHE

Chargée de mission RH, Ircem

En interne, les répondants déclarent collaborer le plus fréquemment avec :

2,2/5 la Direction Commerciale
2/5 la Direction de Gestion ou Opérationnelle

En externe, les répondants déclarent collaborer le plus fréquemment avec :

2,9/5 les associations et fondations
2,5/5 les collectivités territoriales

Connecté au digital : la nécessité de maîtriser les nouveaux canaux de communication, les outils et les nouveaux process digitaux

1.
Les activités d’animation, de relation client sur les réseaux sociaux et de gestion de l’e-réputation en plein essor pour veiller à promouvoir une bonne image de l’entreprise et contribuer à la satisfaction client, entreprise ou particulier.

2.
Les activités de gestion des outils digitaux, du traitement des demandes, des documents électroniques, des données notamment avec la Gestion Électronique des Documents qui permet d’optimiser la gestion et l’exploitation des documents et données, et les formulaires en ligne.

3.
Concernant plus spécifiquement le chargé d’intervention sociale, la digitalisation des services en ligne amène au développement des activités de médiation pour accompagner les publics éloignés du numérique.

3. UN COLLABORATEUR « pilote »,
AUTONOME ET AGILE

C’est principalement l’essor du travail en réseau et en mode projet, ainsi que le développement des offres sur le territoire qui seraient des facteurs de progrès et de montée en compétences.

La naissance de la pratique de « management par projet » dans le monde de l’action sociale a fait apparaître plusieurs besoins de compétences : flexibilité, autonomie, agilité, adaptabilité.

L’animation et la gestion de projet : une opportunité de professionnalisation et d’enrichissement pour tous les métiers de l’action sociale

Avec le renforcement des actions collectives notamment, certains chargés d’intervention sociale ou délégués sociaux devraient acquérir certaines compétences du chargé de développement social, notamment en gestion de projet et développement des offres sur le territoire.

Le chargé de développement social devrait développer sa capacité à d’initiative, de discernement et d’auto-organisation notamment pour animer des partenariats et réussir à gérer les ressources financières, matérielles et humaines mises en œuvre pour réaliser les projets.

Les sollicitations de nos clients ont évolué. Avant, nous proposions des prestations ponctuelles à travers des ateliers par exemple, aujourd’hui, les clients nous demandent de les accompagner dans la durée, et de travailler sur des parcours ou des actions durables pour leurs salariés. Ensuite, il faut s’assurer que ce que nous proposons satisfait effectivement le client et répond concrètement à son besoin, qu’il y a bien un impact sur la durée. C’est ce qui donne du sens à nos actions

Marie-Laure Legrand

Responsable Développement RH - GPEC et CDC RH, Malakoff Humanis

Entre rigueur et souplesse : une adaptation perpétuelle à un environnement réglementaire changeant

Il ne faut pas oublier que l’action sociale est un domaine très réglementé, qui se complexifie. L’agilité est à mettre en regard avec les contraintes et les changements de réglementation.

Ainsi, l’évolution de l’action sociale demande aux collaborateurs d’être à la fois plus agiles, plus ouverts, de développer des compétences en animation et en gestion de projet, et plus rigoureux, en ayant toujours un œil sur la législation.

Un collaborateur qui évalue l’impact de ses actions

La mesure de l’impact de chaque action, et la mesure de la responsabilité sociale, sont guidées par la recherche d’une plus grande efficience dans le monde de l’action sociale.

Il s’agit, autrement dit : de savoir « combien l’euro investi et/ou payé a-t-il généré socialement ? ».

Le principe de l’évaluation de l’action sociale ne fait pas l’unanimité. Certains l’appellent de leurs vœux, espérant qu’elle donnera une assise « scientifique » à des interventions parfois malmenées en période de réductions budgétaires et contribuera au renforcement de la visibilité des bénéfices de l’action sociale.

Avant, on proposait des prestations ponctuelles à travers des ateliers par exemple. Aujourd’hui, les clients nous demandent de les accompagner dans la durée et de travailler sur des parcours pour leurs salariés. Il faut s’assurer ensuite que ce que l’on propose satisfait effectivement le client, qu’il y a bien un impact sur la durée. C’est ce qui donne un sens à nos actions.

Partcipant(-e) à l'atelier du Cercle

4. UN COLLABORATEUr « communiquant »

Plusieurs challenges sont à relever :

Faire connaître les métiers et services de l’action sociale en interne comme en externe, pour améliorer sa visibilité.

L’action sociale mène aujourd’hui une action sociale de proximité d’une grande valeur sur les territoires, souvent peu connue. L’enjeu serait que chaque GPS soit perçu et identifié comme un partenaire incontournable au même titre que les collectivités et les associations.

Vers une fonction d’ingénierie sociale, avec des métiers moins identitaires de la démarche Économie Sociale et Solidaire

Anne Saint-Laurent

Ancienne Directrice de l’action sociale Agirc-Arrco

Faire connaître les aides individuelles et collectives à l’ensemble des clients et ressortissants, salariés des entreprises clientes inclus, et faire en sorte qu’ils l’utilisent.

Côté retraite complémentaire, il s’agit de connaitre les services de l’action sociale à une majorité de bénéficiaires potentiels. Si nous prenons l’exemple d’un retraité : sait-il qu’il peut bénéficier de l’action sociale ? Sait-il à qui s’adresser pour en bénéficier ?

Ma dernière formation était sur la promotion des services, avec notamment, un focus sur la promotion de certains services de l’action sociale en encourageant les collaborateurs à les faire connaître lors de tout contact téléphonique, quelle que soit la demande.

Régine Tambrun

Formatrice, Ircem

Côté assurance de personnes, il s’agit également de « toucher » les salariés qui pourraient bénéficier des services de l’action sociale. Les ressources humaines sont sans doute les meilleurs relais d’informations Elles permettent surtout d’identifier les salariés en situation de fragilités, qui peuvent bénéficier d’un soutien ou d’un accompagnement de leur GPS : sont-ils affectés par des maladies chroniques, un cancer, un handicap, se révèlent-ils aidants salariés, ont-ils des fragilités sociales… ?

Depuis 3 ans, nous sommes dans une démarche ouverte, de contact direct avec les DRH, les entreprises, pour leur expliquer ce que nous faisons dans l’action sociale. Il y a en effet un enjeu à savoir mieux communiquer, et de faire en sorte que l’information circule bien pour que le destinataire final ait l’information, quel que soit son besoin, et que cela devienne une sorte de réflexe.

Delphine Bouzy

Responsable de l'Action Sociale IDF, Klésia

Ce qu’il faut retenir

Nous assistons à un renouvellement des métiers. Le collaborateur de l’action sociale, de demain, devrait s’adapter à la fois aux changements, aux modes et aux outils de travail 3.0, au client (son expérience, son parcours) et à la stratégie de l’entreprise.

Le passage d’une fonction d’instruction de dossiers à une fonction de conseil et de service

La tendance majeure dans l’évolution des métiers de l’action sociale est le passage d’une fonction d’instruction de dossiers à une fonction de conseil et de service.

Avec le glissement de l’individuel vers le collectif, l’inscription des services de l’action sociale dans une approche globale… l’action sociale devient une plateforme de services, dotée d’un mode de financement différent des autres directions mais au fonctionnement similaire.

Les métiers de l’action sociale s’ouvrent à l’ingénierie de projet et de services mais ne perdent pas leur caractère « social » d’origine.

Une culture de suivi des services à développer

L’efficacité économique ou la recherche d’efficience guide ainsi les actions. Le retour sur investissement (ROI) serait une responsabilité sociale, une exigence sociale même, pour mesurer l’impact de l’euro investi par rapport à l’euro rendu en nature. Encore faut-il définir les bons indicateurs (KPI) pour arbitrer et décider des actions à pérenniser ou à supprimer.

Un changement de culture et l’apparition d’une logique commerciale et marketing orientée client, qui dirige les métiers de l’action sociale vers une fonction d’ingénierie de projet et de services

Les GPS s’organisent pour créer un continuum de services et soigner le parcours client, global, auquel se raccroche les services d’action sociale.

Selon Marie-Sophie Valletoux, Associée chez PMP Conseil et Présidente de Parité Assurance, « l’action sociale peut constituer un atout important dans le cadre du développement des GPS de leurs stratégies services. Il est pertinent d’imaginer une stratégie de service globale au sein de laquelle l’actif « action sociale » constitue une partie de la réponse opérationnelle et une partie de la réponse financière. »

Il s’agit donc de :
• Partir du besoin client et de sa vision pour concevoir, promouvoir et assembler des services pour mieux accompagner, mailler le territoire et être plus efficient. Il s’agit également d’être plus accessible, compris, et de valoriser les services en utilisant les approches du marketing des services
• Décider stratégiquement des actions à mener, prioritairement (les plus industrialisables, les plus rentables socialement et économiquement)
• Étudier le territoire, les acteurs, pour développer les meilleurs partenariats

Il s’agit également de créer de nouvelles modalités d’intervention pour faire vivre une expérience au client ou ressortissant et cela passe par la digitalisation de certains services : des chatbots, des outils d’orientation vers le service le plus adapté… sans oublier de prendre en compte la fracture numérique – en développant des services d’accompagnement pour la réduire.

Ce qu’ils en pensent

Vers une fonction d’ingénierie sociale, avec des métiers moins identitaires de la démarche Économie Sociale et Solidaire

Anne Saint-Laurent

Ancienne Directrice de l’action sociale Agirc-Arrco

Les partenariats, primordiaux, conduisent les métiers de l’action sociale à une fonction d’ingénierie sociale qui implique l’acquisition de certaines compétences, et en premier lieu : la capacité à évaluer ses actions, à animer son réseau, mais également la capacité à négocier et à trouver des compromis.

Dans le futur, les directions de l’action sociale seront composées d’une plus grande diversité de métiers, avec des profils dont les compétences de bases : en informatique, en communication, en commercial, en marketing… sont moins « identitaires » de l’économie sociale. Elles prendront sans doute le pas sur les compétences en action sociale. Cela fera évoluer les compétences et favorisera encore la mobilité professionnelle.

Les métiers de l’action sociale évoluent, la posture de consultant en fragilité devient la trajectoire.

Pascal Andrieux

Directeur des engagements sociaux, sociétaux et RSE, Malakoff Humanis DG Fondation Handicap, Malakoff Humanis

Les métiers de l’action sociale évoluent dans le domaine de l’entreprise. On sort de la logique de présentation d’un catalogue de services – aides individuelles, collectives – pour partir d’un diagnostic des besoins et la mise en place d’un plan d’action correspondants aux problématiques de fragilité de l’entreprise.

Dans le cadre de notre Démarche du Diagnostic du capital humain, un diagnostic est effectué pour comprendre et analyser ces problématiques. Les chargés de développement social disposent d’outils pour réaliser un diagnostic des fragilités des salariés.

Un plan d’action est mis en place grâce à nos experts en accompagnement social, présents en entreprise, par téléphone ou grâce à nos solutions digitales. Il y a donc une collaboration étroite entre les conseillers commerciaux, les consultants en prévention et les experts en accompagnement social. L’offre servicielle tient compte de la taille de l’entreprise, sa population, son secteur d’activité…
Pour disposer d’une offre de services correspondant aux besoins de nos clients, l’innovation sociale à un rôle important à jouer pour repérer de nouvelles façons d’agir, élaborer des réponses à des besoins sociaux nouveaux ou mal satisfaits, et, enrichir notre offre de service. La data peut également apporter un plus en permettant de détecter les signaux de pré-fragilités et améliorer le taux d’usage de nos dispositifs d’accompagnement.

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